Lance-au-Lac, October 21st, 2010
mercredi 20 octobre 2010
Still November, by Désirée Szucsany
EDITORIAL
Since there is a good news, time maybe to settle down with an new idea. I always wondered why the word news was a plural name, but I may say that today, I know why. Naturally, news are good when there's more than one, all of them coming out at the same time. It's interesting to see people's reactions towards the deal of substance. Visual arts are well done in the commununities, and it's mainly because artists have a certain sense of initiative, says Gabriel Lemelin, from Mont-Tremblant's Mayor's Room.
The Council would agree with organizing a Contest, each two years.
Well, well.
So what's the second good news?
Somebody I know fell in love.
And it's fall, favorite season.
You see, there are three good news.
Lance-au-Lac, October 21st, 2010
Since there is a good news, time maybe to settle down with an new idea. I always wondered why the word news was a plural name, but I may say that today, I know why. Naturally, news are good when there's more than one, all of them coming out at the same time. It's interesting to see people's reactions towards the deal of substance. Visual arts are well done in the commununities, and it's mainly because artists have a certain sense of initiative, says Gabriel Lemelin, from Mont-Tremblant's Mayor's Room.
The Council would agree with organizing a Contest, each two years.
Well, well.
So what's the second good news?
Somebody I know fell in love.
And it's fall, favorite season.
You see, there are three good news.
Lance-au-Lac, October 21st, 2010
mercredi 15 septembre 2010
MIMÉTISME
| Futur, par Désirée Szucsany, 2010 |
Ni zèbre ni caméléon
Mimétisme exprime la capacité d’adaptation à se fondre dans le décor et la société.
L’art aussi utilise cette stratégie pour s’intégrer dans les intérieurs et les paysages.
Parmi les tableaux, plusieurs techniques mettent l’accent sur le relief. Les huiles sur toiles sont dessinées à la pointe sèche, les fresques gravées sous la forme très ancienne des inscriptions, rehaussées par l’encre ou l’huile.
Sensation de la caverne
Il n’y a pas de caméléon ni de zèbre! Ces animaux sont célèbres, ils ont le «talent» d’imiter la couleur de leur milieu ou de leur environnement. C’est à faire rêver tous les peintres. Dans l’exposition Mimétisme, des matériaux légers servent de support aux oeuvres et imitent la pierre, les parois rocheuses, le mur rupestre, et donnent la sensation tactile de la caverne. Parfois un élément est ajouté, partition de musique, livre, ou objet du monde moderne pour marquer le temps de leur création. Car, j’insiste là-dessus, malgré les apparences, ces oeuvres sont des oeuvres modernes! Même si l’on peut se méprendre devant certaines d’entre elles qui révèlent des techniques d’art préhistorique, utilisées il y a dix mille ans. Nos lointains ancêtres écrivaient l’histoire ou la gravait, sur les pierres. Avant d’inventer l’écriture, ils ont dessiné, stylisé, simplifié.
Comme je ne peux transporter des pans de pierre dans la maison, encore moins les accrocher aux murs en raison de leur poids, j’ai pensé à adapter le support à nos intérieurs. Cette adaptation est une forme de mimétisme en art. Et j’en ai fait le thème de l’exposition.
Désirée Szucsany
artiste
MIMÉTISME
EXPOSITION de FRESQUES, HUILES ET ENCRES
Par Désirée Szucsany
EXPOSITION de FRESQUES, HUILES ET ENCRES
Par Désirée Szucsany
Du jeudi 16 septembre au dimanche 3 octobre 2010
VERNISSAGE Jeudi, 16 septembre à 19 heures
Séance de «poésie gyproc», 25 septembre, 14h
Horaire
Mercredi : 13 à 17h
Jeudi et vendredi : 13 à 21 h
Samedi et dimanche: 10 à 15 h
Salle Alphonse-Desjardins, Hôtel de ville Mont-Tremblant
1145 rue de St-Jovite, Mont-Tremblant
Autoroute 15 Nord et route 117 Nord, Sortie Mont-Tremblant
Informations : Désirée (819) 688-2117, courriel : desz5@hotmail.com
dszucsany.blogspot.com
VERNISSAGE Jeudi, 16 septembre à 19 heures
Séance de «poésie gyproc», 25 septembre, 14h
Horaire
Mercredi : 13 à 17h
Jeudi et vendredi : 13 à 21 h
Samedi et dimanche: 10 à 15 h
Salle Alphonse-Desjardins, Hôtel de ville Mont-Tremblant
1145 rue de St-Jovite, Mont-Tremblant
Autoroute 15 Nord et route 117 Nord, Sortie Mont-Tremblant
Informations : Désirée (819) 688-2117, courriel : desz5@hotmail.com
dszucsany.blogspot.com
jeudi 2 septembre 2010
HOROSCOPE DES ARTISTES
LOUTRE 20 février 20 mars
Rien ne vaut le sport pour vous détendre. Votre meilleur ami parlait de plongée sous-marine, au club, ce soir. Détente en vue. Côté finances: stable, très stable. Aucun signe de nervosité. Coeur: les données vous manquent. Invitez-la à visiter une exposition.
COULEUVRE 21 mars 20 avril
Les magasins regorgent de nouveautés! Votre pelure vous pèse... Côté finances: Vous claquerez des ronds. Coeur: Il battera mieux sous votre nouvelle peau. Succès auprès de l'être cher.
BARBOTTE 21 avril 21 mai
En écoutant Éric Satie ce matin, vous prévoyez sortir. Vous avez une toile à livrer. Côté finances: Bonne affaire en vue. Coeur: Une rencontre brève. Amusante.
ABEILLE 22 mai 21 juin
Vous serez affairée au cours des prochains jours. Il y a la piscine, le coiffeur, l'assureur... Côté finances: Légère remontée. Coeur: Rebondissements, sourires.
FOURMI 22 juin 23 juillet
C'est les vacances de la construction. Vous vous reposerez en bonne compagnie. Côté finances: Vous prêterez votre marteau au voisin qui préparera des homards. Coeur: Hésitation à changer la situation.
ARAGNE 24 juillet au 23 août
Vous n'aimerez pas la promiscuité d'un être cher et rechercherez la solitude. Côté finances: Une dépense imprévue. Coeur: Nouveau décor.
PERDRIX 24 août au 23 septembre
On vous verra partout. Vous serez de toutes les sorties, de toutes les expéditions. Côté finances: Choyée, vous serez généreuse. Coeur: On vous dira, c'est la réalité.
CORNEILLE 24 septembre 23 octobre
Bravo, vous avez du cran. Votre grand sens de l'observation nous évitera une tonne d'ennuis. Côté finances: Vous veillez au grain. Coeur: On vous aime très fort. On vous admire aussi.
FAUCON 24 octobre au 22 novembre
L'impatience vous gagne. Tout vous semble trop lent. Côté finances: Vous n'aimez que l'or et il vous le rend bien. Coeur: Légère émotion à la vue d'une proie lointaine.
CHEVREUIL 23 novembre 22 décembre
Vous serez surchargé de travail. Voyages, transports, déplacements. Côté finances: Plus ça bouge, plus ça roule. Coeur: Tout baigne dans l'huile.
LOUP 23 décembre au 20 janvier
Vous déserterez la tanière. Personne ne s'en plaindra. Côté finances: Une bonne décision vous enrichira. Coeur: Vous n'y voyez pas d'inconvénients.
CHEVAL 21 janvier au 19 février
Votre instinct de liberté vous guidera à bon port. Côté finances: Facilités et gracieusetés. Coeur: L'amour courtois, c'est l'amour aussi.
dimanche 29 août 2010
Discours d'artistes
![]() |
| Richard Vaskelis, peintre |
VASKELIS REJOINT BONNARD
Richard Vaskelis, peintre (1947-2010)
par Désirée Szucsany
La semaine dernière, j’ai téléphoné à Richard pour qu’il m’accorde une entrevue. «Il est à Québec, il revient la semaine prochaine», me répondit sa compagne. J’apprends ce matin par Michel Normandeau que Richard nous a quittés hier, à la suite d’un anévrisme. Quel choc! Son oeuvre survit, palette brillante et lumineuse, objets appétissants et composition poétique qualifient ses tableaux. Il a immortalisé la rivière Rouge, un de ses lieux préférés, et d’autres paysages des Laurentides tout aussi séduisants. Au cours de l’été 2009, il m’a donné un coup de main, alors que nous exposions à la boutique de Kevin Radcliffe, au vieux village de Mont-Tremblant. Vaskelis a toujours pris l’art très au sérieux, il a d’ailleurs étudié sous la direction de Arthur Lismer, du Groupe des Sept. Plus près de nous, il a inauguré la salle des arts de l’hôtel de ville de Mont-Tremblant, en 2005. Et pas plus tard que la semaine dernière, il inaugurait une salle d’exposition à la boutique Archange, au petit hameau, avec Normandeau. Je voulais lui demander ce qu’il pensait de la situation des arts en 2010.
En son hommage, je reproduis la réponse qu’il me donna en 1999, dans Artistes. Peut-être aurait-il eu de nouveaux commentaires à formuler? Voici ce que pensait Vaskelis, il y a une dizaine d’années.
Il est fondamental de s’interroger
Richard Vaskelis aime la beauté, il la chérit, la cultive et s’y attarde à tout moment. Ce peintre dont le nom est d’origine lithuanienne, se régale, à butiner les fleurs dont il parsème son atelier. Des bouquets savamment ordonnés surgissent ici et là dans son antre. Sur le buffet, sur la table, sur le bord de la fenêtre d’où l’oeil s’échappe vers le lac Brunet. Richard Vaskelis ne rate aucune occasion de rendre hommage au beau. Il aime peindre les ambiances intérieures, un petit coin gentil et chaud, un visage d’ami. «J’aime faire des portraits explique-t-il, cela crée une intimité qui me ravit».
Le romantisme imprègne les lieux où vit Richard Vaskelis. Il peint depuis quarante ans mais ce n’est pas du passé dont il veut parler. Assis à la table, accompagnés de la lumière douce d’automne, celle qui adoucit les traits, nous discutons à bâtons rompus. Sur la table, un café chaud, un morceau de pain, de vrai pain, un doigt de cognac pour calmer la toux, et du fromage. Richard parle de l’ignorance, sa bête noire. Il est inquiet. «On vous dresse, on garde un peuple dans l’ignorance. Les gens en viennent à ne plus se poser de questions. Alors que dans d’autres cultures, c’est fondamental de s’interroger».
Maintenant ou jamais
Comment l’artiste combat-il cette situation? En se disant chaque jour, c’est maintenant ou jamais. Et il empoigne ses pinceaux, il travaille, là, tout de suite, chassant la paralysie qui peut le gagner comme tout être vivant et sain devant le désert de l’ignorance dans laquelle la société s’enlise parfois longtemps. Il remarque : «L’artiste peut être conscient, ça dépend de l’artiste. Il peut faire comme tout le monde, prendre une pilule pour s’endormir, fermer les yeux sur le fait qu’il n’y a pas d’homme ou de femme politique à la hauteur pour éviter la décadence, regarder un cinéma qui ne lui ressemble pas et gober l’identité des autres, accepter la manipulation. Ce n’est pas tout le monde qui réfléchit, qui veut voir clair. Il est facile de semer le doute chez les faibles», pense Vaskelis. Le grand fléau de notre temps? Il le répète, l’ignorance, qui entraîne la pauvreté et la misère. L’instruction, la connaissance, sont les armes les plus redoutables pour se défendre. Et celle-ci est disponible. Cela dépend où tu vis, souligne-t-il. Au Québec, trouve-t-il, au niveau des arts, en musique, en littérature, en peinture, il y a un manque. Le milieu est fermé à ces options, l’art est marginalisé, il n’est pas dans les foyers.
Apprendre la beauté
Selon Vaskelis, c’est un stéréotype du colonisé. Un refus de prendre position. Il s’alarme contre le fait que les seuls instants où les gens pensent au bonheur des autres, c’est quand ils écoutent une pub mielleuse distillée pendant trente secondes à la télé. «On peut même vous faire avaler que vous trouverez un ami à la pharmacie», s’indigne-t-il. «Quand à l’art pour l’art, il fait partie de notre problème. Il y a plein d’humoristes. Est-ce tout ce qu’il nous reste, rire de soi et des autres? C’est un symptôme de perte de liberté Si tu rouspètes, on te dit, va-t-en chez vous! L’expression de chacun est affectée. L’art est dans un étau. Pourtant l’art existera toujours!» Il fait une pause. «Il y en a qui font des expériences et qui passent pour des artistes. Et chez les tenants de l’art officiel, le figuratif n’est pas reconnu. On dirait que si les gens peuvent comprendre l’image qui figure sur un tableau, cette image n’est pas de l’art. L’art n’est pas un refuge, c’est une qualité de vie destinée au plus pauvre comme au plus riche. Les plus beaux moments de ma vie ne sont pas liés à l’argent. La peinture me procure beaucoup d’équilibre. C’est là que je suis le plus honnête, que mon art me dicte le respect. Je ne triche pas, je ne prends pas de raccourci. Je crois en ce que je fais. Pour un peintre, ce qui est important, c’est la vision. Il y a tellement de choses extraordinaires, pourquoi passer à côté? Si tu passes à côté, tu fais comme tout le monde, et tu es juste un peintre. Pas un artiste.» Quand on expose, on a un rôle : démontrer qu’il y a de la beauté dans la vie. Montrer ce que les autres ne voient pas. «J’ai développé mes yeux comme un musicien a développé ses oreilles. J’aimerais dire aux gens que les yeux ne servent pas seulement à identifier, mais également à découvrir, à élargir ses horizons. L’art n’est pas nécessairement beau. Ce n’est pas un secret. C’est une question de connaissance, de savoir reconnaître les lignes harmonieuses, l’ingéniosité. On apprend la beauté comme on apprend l’amour. Le rôle d’un artiste est de rappeler au souvenir des êtres humains d’ouvrir les yeux.»
vendredi 27 août 2010
Sociologie de l'art
PAVANE POUR UNE INFANTE DÉFUNTE
par Désirée Szucsany
par Désirée Szucsany
Devant les sculptures flottantes, je pense au phénomène cubain que Fernando Ortiz nommait la transculture.
Quel mot!
Il exprime les phases de transition d’une culture à une autre par opposition à acculturation, mot anglais à saveur colonialiste, désignant l’adoption d'une culture. Transculture implique la perte des racines et la création de nouvelles boutures. Le produit final? Des phénomènes culturels sous la bannière de la néoculture.
Il exprime les phases de transition d’une culture à une autre par opposition à acculturation, mot anglais à saveur colonialiste, désignant l’adoption d'une culture. Transculture implique la perte des racines et la création de nouvelles boutures. Le produit final? Des phénomènes culturels sous la bannière de la néoculture.
L’ouvrage rassemble des textes sur les sujets liés à ce concept vieux comme les trottoirs. L’eau rase des villes entières? Il faudra oublier l’ancien modèle et inventer du nouveau. Oui, il faut s’adapter, le monde change vite et, malgré la stabilité des oeuvres, leur ancrage ingénieux, les arrimages sont précaires. La guerre vous déporte en d’autres terres? Dès que vous serez reposé, vous planterez une plante jamais vue en ces contrées, tiens, du basilic, par exemple. Vos voisins y goûteront, surprise! Ils l’adopteront et le mélangeront à la poutine. Un anthropologue notera ce changement.
Pas seulement à Cuba
Ortiz était conscient de la limite scientifique. Certes, l’anthropologue doit dresser un rapport. La science se renouvelle à condition d’y verser un concept et il décida d’agir, précisa les étapes du phénomène et innova le mot transculture. En inventant, on a plus de chance d’accéder au monde. Ou au Nouveau Monde? C’est l’impression que donnait la revue ViceVersa. Le livre est un scellé apposé sur cette époque. La transculture et ViceVersa, réunit des textes et des réflexions d’historiens, cinéastes, poètes, illustrateurs, graphistes et autres créateurs de la distinguée revue (1). Les Dialogues croisés sont particulièrement vifs. L’épopée du photographe Duclos, la vision de Daigle et des autres interlocuteurs «derrière l’image», sont de piquants ajouts, des secrets percés. La qualité des images dans ViceVersa réjouissait l’esprit et il est passionnant que les artistes eux-mêmes nous apprennent pourquoi nous aimions la revue, infante de la première génération, désormais défunte.
(1) Caccia 2010, Bruno Ramirez et Lamberto Tassinari, La transculture et ViceVersa, Éd. Triptyque, 218 p.
PLONGER DANS L'AMBIANCE
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| Journée d'été au parc du Mont-Tremblant huile par Michel Normandeau |
Michel Normandeau, peintre
par Désirée Szucsany, historienne d'art
Michel Normandeau laisse des traces dans le paysage culturel. Il habite à la Conception depuis plusieurs années. Ses parents sont installés dans les Laurentides depuis 1971. Dès l’enfance, Normandeau suivait le rituel de fuir la ville vers les Laurentides, s'échapper pour enfin respirer et goûter la quiétude. Vivre à la campagne ne l’empêche pas de descendre en ville. Il aime prendre un bain de foule et plonger dans l'ambiance citadine.
Des gants de boxe aux pinceaux
Le peintre est originaire de Montréal. Écolier, il adorait les cours d'arts plastiques et dessinait sans cesse. Les autres matières scolaires ne le fascinaient pas, les mathématiques lui donnaient du fil à retordre. Un jour, une mastoïdite se déclare et le cloue au lit. «Pendant la convalescence, explique Michel, je ne devais faire aucune activité ou presque, alors j'ai dessiné et peint. Pour me tenir tranquille ma mère m'a acheté un ensemble de peinture à numéros. Ne riez pas, ce n'est pas con!»Ce jeu de coloriage a le mérite d'enseigner les nuances de la peinture. «Adolescent, j'ai délaissé la peinture. J'étais d'un tempérament impétueux, et j'ai suivi des cours de karaté jusqu'à la ceinture noire. Je me suis entraîné à la boxe, ce qui m'a mené jusqu'aux Gants Dorés.» Il était poids léger et se défendait assez bien. Ce n'était pas assez. Michel aime repousser les limites. «Alors j'ai enfourché le vélo et j'ai pédalé, pédalé jusqu'à n'en plus pouvoir.» Il travaillait en publicité et partageait son logement avec des cyclistes. C’était à Ahuntsic, près de l'église Saint-André-Apôtre.
Rencontre décisive
«C'est là que je me suis remis à la peinture, après avoir vu une photo dans le journal. L'illustration représentait un pingouin sur fond de glacier et bleuté. J'ai trouvé l'image magnifique, je n'avais qu'une idée en tête, celle de la reproduire.» Il est allé chez le marchand de couleurs. «Je lui ai demandé de la peinture à l'huile!» En évoquant ce souvenir, il rigole, ce n'est pas évident de dompter l'huile quand on a le geste spontané. Doué d’une volonté de fer, il est parvenu à peindre son pingouin. Voyant Michel à l'oeuvre, le curé de l'église lui dit : «Il faut que tu rencontres Jean-Marcel Bourbonnais, le peintre qui vit en bas de chez toi.»«J'ai beaucoup appris avec Bourbonnais, souligne Michel. Quand j'ai perdu mon travail, je suis allé le voir. Il m'a dit : ««Qu'est-ce que tu vas faire?» J'ai répondu : «Je vais peindre.» S'il voulait devenir peintre, soit! «Mais il faut que tu sois le meilleur! Le meilleur de toi-même!» Pendant un an Michel Normandeau peint sans relâche, apprivoisant la composition, les contrastes et les sujets. Il recycle des panneaux publicitaires. Il les découpe et s'en sert comme toiles.
Peindre sur le motif
Depuis cette époque, Normandeau creuse son intériorité et la remplit de scènes qu'il trouve belles, la nature est un des principaux éléments qu'il met en vedette. Il plante son chevalet au milieu de la neige, des prés ou des routes rurales, il écoute les ruisseaux. Capter ces moments précieux, c’est sa passion, sa façon de rendre hommage à la vie. Il veut toujours en apprendre plus. Il étudie le procédé a tempera. Il s'agit de délayer une couleur dans l'eau, d'y ajouter un agglutinant, un oeuf, par exemple. Il adore visiter Charlevoix, la France et tous les lieux où l'art est bien accueilli. Les projets ne manquent pas à ce solitaire qui aime les humains et les bêtes. Il a peint Toupet, un oiseau qui lui tenait compagnie tous les jours à l'heure de peindre. «Toupet est mort, peut-être à cause de la peinture, c'est un peu toxique», soupire Michel en pensant à son fidèle compagnon. Il ne s'accroche pas au passé, ses yeux dévorent l'avenir. «Pour l'instant je suis un peintre traditionnel. Remarque, ce n'est pas une tendance coulée dans le béton. Qui sait ce que je peindrai dans dix ans? Une catastrophe, peut-être?»
Expositions de Michel Normandeau
Boutique Archange, Saint-Jovite, 2010
Gare de Mont-Tremblant, 1999-2010
Semaine des arts de Saint-Jovite, 1999
Club Tremblant, janvier 1999
Peinture en direct, Vendredi 13, Ste-Lucie, novembre 1999
Peinture en direct, novembre 1999, Brasserie St-Arnould
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